Rapport Skift 2027 : les voyages d’affaires en crise d’identité
Kim Hamer

La gestion des voyages d’affaires et des frais professionnels aurait-elle besoin de s’allonger sur le divan pour parler de sa double personnalité ?
D’un côté, elle n’a jamais été aussi développée. Grâce à l’IA, les solutions peuvent personnaliser les options de réservation, réserver un autre vol en cas de perturbation, repérer les dépenses suspectes et aider les équipes financières à anticiper les dépenses.
De l’autre, certaines entreprises semblent être restées à une autre époque. De nombreux salariés remplissent encore des notes de frais chronophages. Les managers approuvent toujours manuellement les dépenses courantes. Et les tableurs restent solidement ancrés dans les processus.
Comme si la gestion des voyages et des frais professionnels évoluait dans deux réalités à la fois.
C’est le principal enseignement de L’état des lieux des voyages d’affaires et des frais professionnels en 2027, le huitième rapport annuel de Navan et Skift, réalisé à la demande de Navan. Il s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 1 750 voyageurs d’affaires et responsables des voyages et de la finance aux États-Unis et en Europe.
L’étude met en lumière huit symptômes de cette crise d’identité et propose quatre mesures concrètes pour y remédier.
Voici quelques-uns des principaux enseignements.
Les voyages d’affaires font l’unanimité. Leur organisation, beaucoup moins.
Commençons par une bonne nouvelle : voyageurs et managers s’accordent sur l’importance des déplacements professionnels. En effet, 87 % des voyageurs et 89 % des managers estiment que les voyages d’affaires sont essentiels ou nécessaires. Ils s’entendent également sur l’efficacité des rencontres en personne.
Mais dès qu’on s’intéresse à l’organisation du voyage, la crise d’identité commence à apparaître.
Si 83 % des voyageurs d’affaires déclarent avoir une opinion positive des déplacements professionnels, ils sont moins enthousiastes à l’égard de leur organisation. Leur sentiment positif chute de 10 points lorsqu’on les interroge sur des tâches comme les réservations, les changements, les notes de frais et l’assistance. Certains managers sous-estiment l’ampleur de cette frustration.
Les divergences sont encore plus marquées quand on examine les principales préoccupations de chaque groupe. Sur un aspect particulièrement pénible des voyages d’affaires, l’écart atteint 27 points de pourcentage.
La gestion des frais du futur est déjà là — mais pas pour tout le monde
Si l’IA peut détecter les fraudes, analyser les habitudes de dépenses et formuler des recommandations proactives, pourquoi la gestion des frais nécessite-t-elle encore autant d’interventions humaines ?
Selon le rapport, beaucoup d’entreprises se trouvent dans une sorte d’entre-deux. L’automatisation des dépenses progresse, mais 45 % des managers déclarent encore examiner, approuver et rapprocher manuellement les dépenses, au moins dans certains cas.
La charge ne repose pas uniquement sur les équipes financières. Pour les voyageurs, les notes de frais prennent même de plus en plus de temps à remplir : la part de ceux qui y consacrent au moins une heure a augmenté de 10 points en un an.
Le rapport montre à quel point les expériences automatisées et manuelles divergent — et comment ces différences sont liées à la satisfaction des voyageurs.
L’IA peut gérer les tâches complexes. Pourquoi faisons-nous encore les plus simples nous-mêmes ?
Ce décalage est particulièrement visible quand on compare les capacités d’automatisation avancées aux processus traditionnels. D’un côté, près de 40 % des voyageurs ont désormais accès à une IA capable d’agir de manière proactive, par exemple en réservant un autre vol en cas de perturbation. De l’autre, 29 % des managers indiquent que chaque déplacement professionnel nécessite encore leur approbation manuelle.
Autrement dit, les solutions de gestion des voyages et des frais automatisent des tâches de plus en plus complexes, tout en laissant aux équipes certaines tâches prévisibles et répétitives.
Un autre constat s’impose : à mesure que l’IA gagne en capacité, les voyageurs font encore parfois appel à une personne. En cas de perturbation, par exemple, près de la moitié des répondants disent appeler un conseiller. La solution ne consiste donc pas seulement à automatiser davantage : il faut trouver le bon équilibre entre la technologie et l’expertise humaine.
Huit symptômes. Une seule crise d’identité.
Le rapport examine également pourquoi les voyageurs continuent de réserver en dehors des plateformes professionnelles approuvées par leur entreprise, pourquoi une gestion financière sophistiquée coexiste toujours avec des tableurs et pourquoi les entreprises qui souhaitent améliorer leur gestion des voyages et des frais hésitent de plus en plus à changer leurs habitudes.
Surtout, il propose des mesures concrètes que les responsables des voyages et de la finance peuvent prendre pour commencer à réduire ces écarts.
Téléchargez L’état des lieux des voyages d’affaires et des frais professionnels en 2027 pour découvrir les huit symptômes de cette crise d’identité, les données qui les révèlent et les mesures que les entreprises peuvent prendre pour rapprocher ces deux facettes de leur gestion.
D’autres données à venir
Ce rapport n’est qu’un premier aperçu des enseignements tirés de l’étude de cette année.
Dans les prochains mois, nous analyserons les réponses de différents groupes et catégories démographiques et partagerons d’autres éclairages sur la façon dont les voyageurs et les responsables des voyages et des frais professionnels font face à un environnement toujours plus complexe.
Restez à l’écoute.
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